mercredi 31 janvier 2018

Argenteuil, « défense de Jean Vilar », le point de vue des opposants au « projet Héloïse »


Les raisons principales de s’y opposer

 

Lors de la réunion de quartier d’hier au soir dans le quartier d’Orgemont, j’ai pu intervenir et exprimer le large point de vue des opposants au « projet Héloïse » 

Monsieur le maire,

Je n’ai pas de question à vous poser, mais comme il s’agit d’une réunion publique où il s’agit entendre le point de vue des habitants, je voudrais préciser à vous-mêmes et à ceux qui vous suivent dans vos projets, le point de vue réel de ceux qui s’opposent au « projet Héloïse » depuis qu’ils l’ont découvert avec surprise il y a près de deux ans.

         Je ne serai pas long, et je ne m’arrêterai que sur l’essentiel.

1.Ce projet n’a jamais été discuté en amont avec les Argenteuillais. C’est une habitude, et pas seulement celle de votre camp, mais cela est catastrophique pour les habitants. En 2016, vous avez décidé la vente d’un espace public, c’est-à-dire propriété de tous, à un promoteur privé, sans aucune concertation préalable. 

2.Ce projet concerne une fraction du territoire communal qui ne bénéficie d’aucune réflexion d’ensemble concernant l’aménagement global à envisager pour la commune. Des projets épars, Littoral, Briqueville- Ateliers du 146, Héloïse, sans vision d’ensemble, à moins qu’elle nous soit cachée. 

3.Dans le cas sulfureux du « projet Héloïse », il ne s’agit pas de n’importe quel espace, mais celui des rives de la Seine, que l’on a abîmé depuis des décennies, sans réflexion anticipatrice, cassant le lien de la rive au fleuve. Vous voulez aggraver un peu plus la situation en la rendant irrémédiable au niveau central de cette rive, l’ancienne « Ile » rattachée dans la première partie du siècle dernier à la berge. Et vous appelez cela avec cynisme cette liquidation irrémédiable : « la reconquête des berges » ! 

4.Mais pourquoi ne pas faire ailleurs votre projet s’il vous tient tant à cœur, il y a l’espace de la Porte-Saint-Germain, avec l’espace important de l’ex-Sagem, oui pourquoi ? Pourquoi liquider un espace « vert », certes à rénover, mais qui pourrait l’être sans trop de problèmes, à condition pour commencer qu’il soit conservé. 

5.Vous cachez la nature profonde du projet Héloïse derrière l’appellation de « pôle de loisirs et de culture ». Voilà une façon bien étrange d’entendre les loisirs et la culture. Pour ce qui est de la culture, régulièrement, vous avez dénigré la fréquentation du Figuier blanc, alors que votre rôle serait de considérer par quelles voies on peut faire bénéficier au plus grand nombre les films qui y sont projetés, des film grand public que sont par exemple, La promesse de l’aube, le Caire confidentiel. Bien évidemment, cela demande une volonté et des moyens pour atteindre et entraîner ce large public visé. Ce n’est ni un Multiplex alors qu’il y en a de plus en plus à proximité qui peuvent remplacer cela. 

6.Ce « pôle de loisirs et de culture » n’est que le pseudonyme d’une opération financière évidente qui ne vise que le profit, de la part d’un investisseur dont c’est le métier, et il n’y a aucun jugement de valeur de notre part en disant cela, c’est seulement une réalité qui n’a rien à voir avec une opération de service public. Derrière ce soi-disant « pôle de loisirs et de culture » il y une opération immobilière sur laquelle promoteur et municipalité sont particulièrement discrets depuis mars 2016…

7. Pour terminer, j’aborderai la question de la salle des fêtes communale. Son suivi a certes été abandonné par les municipalités successives, mais il serait possible de la rénover, et vous savez très bien comme nous qu’il n’y a aucun obstacle fondamental pour le faire.

         La salle Jean Vilar est une salle municipale et est particulièrement bien adaptée pour un certain type d’évènements. Je répète, elle est une salle communale, propriété des habitants, et contrôlée par la municipalité, et personne d’autre, un point c’est tout.
Et vous savez pertinemment que nos arguments sont fondés lorsque l’on vous que les choses seront différentes lorsque la nouvelle salle projetée sera privée. La Ville disposera de la salle uniquement selon un planning limité, et à des conditions de l’investisseur qui comme nous le répétons, n’est pas un philanthrope. Même si un contrat vous lit à l’investisseur actuel, ce qui n’est même pas encore le cas, qu’en sera-t-il lorsqu’il décidera de vendre son bien ? Chacun jugera que ce n’est pas de la démagogie de dire cela.
Pour conclure, pour ma part, c’est autour de l’avenir de cet espace encore « vert » de L’île et de la conservation d’une salle des fêtes communale que je me suis engagé. Et si vous voulez que les Argenteuillais soit juges, vous pouvez toujours, monsieur le Maire publier ma présente intervention dans une Tribune de l’Argenteuillais.

         Je vous remercie. 

Lors de cette réunion, le fait que le maire actuel ne fait que reprendre le « projet Héloïse » de son prédécesseur est venu sur le tapis. Oui, pour notre part, les deux conseillers municipaux Lutte ouvrière de 2008 à 2014 n’étaient absolument pas au courant de ce que préparait en catimini Philippe Doucet. Alors que je l’affirmais lors de la réunion d’hier au soir, il a fallu que Georges Mothron clame : « c’est facile » (de l’affirmer). C’est peut-être facile, mais c’est la vérité vraie, et la réalité d’un pouvoir municipal où comme au niveau des autres pouvoirs, le maire, entouré à la rigueur de quelques proches, décide en secret de ses projets, loin de la population et des autres conseillers municipaux. Et ce ne sont pas les velléités de quiconque qui changeront quelque chose à cette situation. Seul le contrôle, la mise en commun de toutes les informations, et en premier lieu des travailleurs au contact direct ou indirect des sources sera capable de lever dans les faits ce secret.

2 commentaires:

selvadoure Basile a dit…

Bonjour Dominique ,

un vrai dictateur ce maire !

Selva

FrédéricLN a dit…

En complément à l'encadré, je précise que cette idée de bâtir sur le site de Jean Vilar était absente des discussions que nous avions eue avec Philippe Doucet et le PS avant les municipales de 2014.

Je fais la différence entre des idées discutées avec un promoteur et qui sont encore dans les cartons (ce qu'un Maire a tout à fait le droit de faire, ça fait partie de ce qu'on attend de lui !) … et un projet que l'on fait voter, pour lequel on modifie le PLU, pour lequel on engage des millions d'euros de dépenses, etc.

Entre les deux, il y a plein d'étapes de débats, d'études, de votes… qui peuvent faire mûrir un projet, ou y faire renoncer au profit d'autres projets.

En l'occurrence, la municipalité actuelle n'a tiré aucun bénéfice de ces étapes, et le projet qu'elle a présenté en décembre cumule la quasi-totalité des dangers que nous redoutions avec le comité Jean Vilar.

Enregistrer un commentaire