Saint-Étienne : une
dissolution qui ne passe pas
Samedi 29 mars, une manifestation jeune et
populaire de 3 500 personnes a défilé dans les rues de Saint-Étienne pour
dénoncer les menaces de dissolution des clubs de supporters de l’équipe de
football stéphanoise, Magics Fans et Green Angels.
Publié le 02/04/2025
Le ministre de l’Intérieur Retailleau et celui de
la Justice Darmanin justifient leurs menaces par des débordements et des
violences lors d’un match, il y a trois ans. Ces annonces s’inscrivent dans la
surenchère permanente des ministres qui veulent montrer qu’ils défendent
l’ordre et la fermeté, surtout quand ils sont dirigés contre les classes
populaires. Elles s’ajoutent aux mesures contre les travailleurs sans-papiers
et au soutien ministériel inconditionnel aux forces de police.
Les deux clubs visés sont pourtant loin d’être les
dangereux rassemblements de hooligans qu’évoquent les autorités. Ils assurent
la sécurité collective dans les tribunes et servent d’intermédiaires avec les
organisateurs.
La CGT des Territoriaux a rappelé leur
investissement dans des causes humanitaires comme l’envoi d’aides aux sinistrés
du séisme au Maroc en 2023. Et par exemple, lors des manifestations contre la
réforme des retraites, les clubs visés avaient exprimé leur soutien à la
contestation en faisant une minute de silence à la 49e minute
après chaque utilisation du 49-3, ou en déployant dans les tribunes une
banderole proclamant « la police mutile, la police assassine » contre les
violences policières.
Dans la manifestation du 29 mars, le mépris à
l’encontre des clubs de supporters majoritairement ouvriers était dénoncé, tout
comme s’exprimait l’envie de ne pas se laisser malmener par ces ministres. Sans
surprise, les politiciens locaux, députés et sénateurs, de gauche comme de
droite, ainsi que l’homme d’affaires qui dirige le club de Saint-Étienne,
soutiennent les clubs face à Retailleau. Ces notables jouent évidemment la
carte de l’union sacrée derrière le club, espérant gagner des soutiens et de
futurs électeurs. Cela n’enlève rien à la légitimité de la protestation des
membres des clubs qui refusent de céder devant l’autoritarisme croissant de
l’État et la démagogie des ministres aussi durs avec les classes populaires
qu’ils sont à plat ventre devant les grands patrons.
Correspondant LO (Lutte ouvrière
n°2957)