mercredi 23 août 2017

Argenteuil, le président pérore...


Du vent !

Selon le Parisien-95, l’entreprise de distribution de pièces détachées par internet Oscaro.com va déménager son entrepôt de Gennevilliers à Argenteuil, dans la zone industrielle du Val.
         A part amener des euros de taxe dans l’escarcelle de la commune, il ne faut pas compter sur cette opération pour réduire même de façon minime le nombre de chômeurs locaux. Les travailleurs qui allaient travailler à Gennevilliers viendront à Argenteuil, et il n’y a strictement rien à redire à cette évidence.
         Cet entrepôt occupera nous dit-on le local occupé naguère par l’entreprise Rover. C’est cela la propriété privée des moyens de production. Pour les capitalistes, un jour ici, le lendemain ailleurs, selon leur bon vouloir.
         Non ce qui est « notable » dans cette affaire c’est l’occasion qu’elle donne, selon Le Parisien toujours, Alain Leikine, président du conseil économique d’Agenteuil, d’exprimer le lyrisme dont il a le secret : «C’est un projet qui marque un redémarrage du parc d’activités du val d’Argent, savoure Alain Leïkine, président du conseil Economique d’Argenteuil créé l’an dernier. Nous espérons que cela sera le premier d’une longue série. La reconquête économique est en marche, il n’y a pas de fatalité de l’échec à Argenteuil. »
         Tous ceux qui connaissent l’état de la zone industrielle du Val savent ce que valent ces mots, et que pour que cette zone reprenne une belle allure, il y a encore très loin de la coupe aux lèvres.
           Soit, monsieur le président a le droit d’être enthousiaste.
         En revanche, il sait être complètement muet lorsqu’il s’agit des déclarations inquiétantes du PDG de Dassault quant à l’avenir du site d’Argenteuil, ou de l’avenir des emplois des travailleurs de Semperit auxquels leur direction a annoncé la fermeture de l’entreprise de la zone industrielle de la gare !

Loi travail aggravée : dans la rue le 12 septembre !


Non à la loi travail aggravée !

Le gouvernement présente, cette semaine, les ordonnances sur le code du travail au patronat d'abord, et aux syndicats. Leur contenu a été distillé au fil des semaines. Elles vont supprimer ou réduire les quelques protections dont bénéficient encore les salariés. Pour le patronat, c'est cadeau sur toute la ligne : plus de facilités pour licencier, réduction des indemnités patronales en cas de condamnation aux prud'hommes, etc.
La CGT, Solidaires et la FSU appellent à faire grève et à manifester le 12 septembre contre les mesures antiouvrières du gouvernement.
Pour s'y opposer, le 12 septembre doit montrer que le monde du travail est résolu à ne pas se laisser faire.
 
                                                                 
Hier matin, carrefour Babou, les militants de la CGT préparent le 12 (photo D. Hommeau)

 

"Contrats aidés" : une attaque supplémentaire contre le monde du travail



Le gouvernement aide seulement… le patronat

Le gouvernement avait prétendu mi-juillet qu’il avait augmenté le budget dédié aux contrats aidés. Mais la ministre du Travail, Murielle Pénicaud, a fini par avouer que son objectif, 110 000 contrats sur le second semestre, est en baisse de 40 % par rapport au premier. En juin, les contrats d’avenir, destinés aux jeunes, ont déjà été supprimés.
Ces emplois dits d’insertion sont en réalité devenus indispensables au bon fonctionnement des établissements scolaires, des maisons de retraite, des hôpitaux et de bien d’autres administrations encore. La fonction d’accompagnant d’élève handicapé par exemple est essentiellement assurée par des personnes en contrat aidé.
Ces contrats, qui ont changé de nom à plusieurs reprises, existent depuis 1984. Des milliers de chômeurs se sont retrouvés à travailler à mi-temps, par intermittence, pour un salaire de 680 euros par mois. Certains d’ailleurs ont des carrières constituées de ce type de contrats.
Les ministères, les collectivités ou les associations ont recours à ces travailleurs pour compenser le manque de moyens financiers, de subventions, ou pour faire face à des besoins nouveaux.
Le gouvernement rejette la responsabilité sur ses prédécesseurs, qui ont utilisé au premier semestre deux tiers des crédits annuels alloués, de façon à faire baisser les chiffres du chômage. La ministre, en réduisant les contrats aidés, prétend qu’il faut former les chômeurs pour qu’ils puissent trouver un emploi. En attendant, elle augmente le nombre de ceux qui n’auront même pas un contrat précaire pour sortir la tête de l’eau.
Cette décision est une attaque supplémentaire contre le monde du travail, contre ceux qui voient une possibilité d’échapper au chômage au moins momentanément, contre les salariés qui devront assumer une plus grande charge de travail et contre l’ensemble des classes populaires qui en subiront les conséquences par une dégradation accrue des services.

Handicap, intégration et réduction des "emplois aidés", une catastrophe


Le gouvernement contre les handicapés

                                             
                                            Manifestation pour les droits des handicapés
 
La décision du gouvernement de réduire de façon drastique le nombre des contrats aidés va toucher, entre autres, de nombreuses personnes handicapées. Ce sont des contrats précaires et mal payés, mais pour les travailleurs handicapés que les patrons refusent d’embaucher, c’est souvent la seule solution pour trouver un emploi. Désormais, grâce à Macron et à Philippe, des milliers de travailleurs handicapés resteront au chômage.
Les élèves handicapés seront eux aussi touchés. Dans les écoles et collèges leur accompagnement était parfois assuré par des travailleurs en contrats aidés. Et il y en aura 20 000 de moins dans les établissements scolaires. Ils étaient déjà en nombre très insuffisant et cela créait déjà d’énormes problèmes dans les écoles, pour les élèves handicapés en premier lieu.
Ce gouvernement n'hésite pas à pourrir la vie des personnes handicapées.

Révolution russe de 1917 (19) : juillet 1917 : les bolcheviks réprimés et calomniés


Après Juillet : les bolcheviks réprimés et calomniés 

Les journées de Juillet à Petrograd à peine terminées, le gouvernement provisoire déclarait le Parti bolchevik coupable d’avoir voulu s’emparer du pouvoir par une insurrection armée. Peu lui importait qu’il ait au contraire contenu le mouvement dans les limites d’une manifestation pacifique : sa progression dans la capitale et à Moscou menaçait la coalition des « conciliateurs » socialistes-révolutionnaires et mencheviks avec la bourgeoisie. Un procès fut intenté à Lénine et ses compagnons, accusés de recevoir des financements de l’Allemagne et de trahir les soldats du front, alors que l’offensive russe tournait à la débâcle.
« Dans la nuit du 4 (juillet), écrit Trotsky, Pereverzev, qui était alors ministre de la Justice, livra à la presse des « documents » censés prouver qu’à la tête du parti des bolcheviks se trouvaient des agents stipendiés de l’Allemagne. Les dirigeants du Parti socialiste-révolutionnaire (SR) et ceux des mencheviks nous connaissaient trop bien, et depuis trop longtemps, pour prêter foi à cette accusation, mais en même temps ils avaient bien trop intérêt à ce qu’elle prenne pour la dénoncer au grand jour. Encore aujourd’hui, on ne peut sans dégoût évoquer le souvenir de cette orgie de mensonges déversés dans les pages de tous les journaux bourgeois et conciliateurs. »
Raskolnikov, dirigeant du soviet de Cronstadt, bolchevik, élu par les marins, décrit sa surprise à la lecture d’un journal bourgeois : « En première page tomba sous mes yeux une nouvelle stupéfiante, soigneusement détaillée, celle de la fuite de Lénine pour Cronstadt sous ma protection personnelle ! Le correspondant sans gêne, remplissant de pure science-fiction les premières colonnes de la bourgeoise Vetcherka, décrivait de manière sophistiquée les moindres détails, calculés pour un lecteur ignorant des faits et donnant à tout le récit une apparence de vraisemblance. »
Avec d’autres élus de Cronstadt, Raskolnikov est inculpé comme organisateur de la manifestation du 4 juillet. « Pokrovsky (SR de gauche, membre du comité exécutif de Cronstadt) m’appela d’urgence au ­soviet. Il me montra aussitôt un télégramme tout juste arrivé. Celui-ci était adressé au commandant de la forteresse de Cronstadt et lui prescrivait d’arrêter sans délai Rochal, Remnev et moi-même, et de nous envoyer à Petrograd. Le télégramme spécifiait qu’en cas de refus d’exécuter cet ordre, Cronstadt subirait un blocus et ne recevrait plus ni pain, ni argent.
J’étais conscient qu’il fallait à tout prix qu’un dirigeant du parti tel que Lénine échappe à la prison, parce qu’à ce moment-là, en cas d’arrestation, sa vie même aurait été sérieusement en danger entre les mains de la camarilla contre-révolutionnaire. (...) Mais nous, de mon point de vue, nous devions nous présenter devant le tribunal du gouvernement provisoire, pour réhabiliter publiquement le parti et nous-mêmes, nous efforcer de transformer notre procès en grande démonstration politique contre le régime bourgeois et démasquer ses inventions hallucinantes contre le parti de la classe ouvrière. »
À Petrograd, un officier haineux reçoit les inculpés venus se présenter aux arrêts : « Comment, on ne vous a pas encore tués ? On aurait dû vous fusiller en chemin. »
Trotsky décrit ainsi la situation : « Notre presse était écrasée. Petrograd la révolutionnaire sentait que la province et l’armée restaient loin de lui être acquises. Dans les quartiers ouvriers, le trouble s’instaura pour un court moment. Des mesures répressives s’abattirent sur la garnison, avec des régiments dissous et quelques unités désarmées. (...) Les prisons étaient bondées d’ouvriers et soldats révolutionnaires. Pour instruire l’affaire des 3, 4 et 5 juin, on avait rameuté parmi les juges tous les anciens chiens d’arrêt du tsarisme. Et c’est dans ces conditions que les socialistes-révolutionnaires et les mencheviks osaient exiger de Lénine, de Zinoviev et d’autres camarades qu’ils se mettent volontairement entre les mains de la “justice”. »

mardi 22 août 2017

Argenteuil : culture : avec la municipalité, on peut s'attendre à tout




La culture bien sûr, mais pas celle du profit !

 
Maison de Claude Monet




Notre article sur le « musée » d’Argenteuil a, semble-t-il, bien intéressé nos lecteurs locaux. Vous l’avez compris, l’axe que nous avions choisi était le suivant : plutôt que de laisser le monopole de la culture aux rongeurs du local où les pièces de feu le musée de la rue Pierre Guienne sont entreposées, le mieux est tout de même qu’elles retrouvent très vite l’air libre dans un local certes provisoire mais idoine.
         Ce n’est surtout pas pour abandonner le lieu de feu donc ce musée qui occupait les salles de l’ancien hôpital de la paroisse d’Argenteuil du XVIIème siècle.
         Car avec la municipalité actuelle, il y a de quoi toujours s’inquiéter lorsque l’on voit avec quelle facilité elle veut liquider l’espace « Jean Vilar ».
         Ce bâtiment du Grand siècle tout comme la maison rénovée de Claude Monet, boulevard Karl Marx, sont deux éléments patrimoniaux de la commune qui finalement en compte peu.
         Donc attention. On ne voudrait pas que ces lieux soient victimes demain de la convoitise d’investisseurs aux dents longues qui n’ont que faire ni de la culture ni de l’histoire, mais qui s’intéressent uniquement aux profits que des opérations douteuses peuvent générer.

Argenteuil-Bezons : la députée, retrouvée, mais silencieuse


Elle est retrouvée…

Un lecteur assidu de notre blog a apparemment lu avec intérêt notre brève sur la député d’Argenteuil-Bezons intitulée « perdue de vue ». Pour tenter de la retrouver, il a été chercher du côté d’un site très intéressant :


         Finalement, il a effectivement réussi à retrouver cette députée du côté des bancs de l’assemblée nationale. Retrouver est un bien grand mot, car dans la majeure partie des différentes rubriques du site en question, ladite « représentante » est plutôt incognito, puisqu’elle a de nombreux zéros !
         Si le rôle qu’on leur fait jouer ne convient pas ni à elle-même ni à son suppléant, ils peuvent toujours démissionner, les travailleurs ne s’en plaindront pas. 

Ce matin, en fin de matinée, des militants de l’Union locale CGT d’Argenteuil ont prévu de mener campagne du côté de Babou, dans le centre-ville. Il s’agit effectivement de préparer le 12 septembre qui approche maintenant à grands pas. Tous ensembles le 12 septembre !

Turquie : Hamza Yalçin emprisonné, un communiqué de Lutte ouvrière


Liberté pour Hamza Yalçin

Communiqué le 21/08/2017

 


Le journaliste et écrivain Hamza Yalçin a été arrêté le jeudi 3 août à l’aéroport de Barcelone et il est, depuis, emprisonné en Espagne à la demande du gouvernement turc qui l’accuse d’insulter Erdogan et d’être un terroriste. S’il est extradé, il risque la prison à perpétuité.
Hamza Yalçin est un opposant de longue date aux dictatures qui se sont succédé en Turquie. Arrêté et torturé après le coup d’État d’Evren en 1980, il a dû s’expatrier et la Suède l’a naturalisé. De là-bas, il dirige un magazine de gauche très critique envers le régime d’Ankara.
En frappant ses opposants jusqu’en Espagne, Erdogan veut montrer qu’il peut réprimer toute opposition, en Turquie, comme à l’extérieur. Et la complicité du gouvernement espagnol est révoltante.
Nous nous associons à toutes les organisations qui réclament la libération de Hamza Yalcin.
                       Pour Lutte Ouvrière, Nathalie Arthaud et Arlette Laguiller

Révolution russe de 1917 (18) Juillet 1917 : vers la réaction ? Ou une nouvelle révolution ?


Les journées de Juillet : vers la réaction ou une seconde révolution ? 

Le 2 juillet 1917 (15 juillet selon notre calendrier), les ministres bourgeois du Parti cadet démissionnent à l’improviste, brisant la coalition gouvernementale établie deux mois plus tôt avec les socialistes-révolutionnaires (SR) et les mencheviks. Ils répondent au désir de la bourgeoisie de faire retomber sur les ministres socialistes l’échec de l’offensive militaire, décidée par Kerenski sous la pression des Alliés, et la débâcle économique. L’affrontement est devenu inévitable avec le prolétariat de la capitale acquis aux bolcheviks, et avec les régiments révoltés par les tentatives de continuer la guerre.
Comme l’écrit Trotsky, « la manifestation du 18 juin à Petrograd avait déjà montré à tous que le gouvernement provisoire avait perdu tout appui dans la capitale. L’impatience et la méfiance de la majorité des ouvriers et soldats de Petrograd allaient croissant, non pas de jour en jour mais d’heure en heure. » Les bolcheviks pensent cependant qu’une insurrection du prolétariat serait prématurée. En dehors de Petrograd et de Moscou, les masses n’ont pas encore pleinement pris conscience de l’impasse où mène la politique opportuniste des SR et des mencheviks. À Petrograd, ils s’efforcent donc de contenir l’impatience.
« Le 3 juillet, dès le matin, plusieurs milliers de mitrailleurs, interrompant brusquement une réunion des comités de leurs compagnies et du régiment, élurent un président des leurs et exigèrent que l’on discutât immédiatement d’une manifestation armée. » Un ouvrier de l’usine Renault raconte : « Après déjeuner, plusieurs mitrailleurs accoururent chez nous et nous demandèrent de leur livrer des auto-camions. (…) En toute hâte, ils chargèrent sur les voitures des mitrailleuses Maxims et filèrent vers la Nevsky. Alors, il devint impossible de retenir nos ouvriers. » Aux usines Poutilov, « acclamés, les mitrailleurs racontèrent qu’ils avaient reçu l’ordre de partir le 4 juillet pour le front, mais qu’ils avaient résolu “de marcher non du côté du front allemand, contre le prolétariat allemand, mais bien contre leurs propres ministres capitalistes”. »
L’ouvrier bolchevik Chliapnikov témoigne aussi : « De tous côtés, sur la perspective Samsonievski affluaient, de plus en plus nombreux, des groupes d’ouvriers qui bientôt se fondirent en une masse compacte d’une dizaine de milliers de manifestants. On entonna des chants révolutionnaires, on arbora des rubans et des mouchoirs rouges. Refoulée, la police alla se réfugier dans son corps de garde. Des orateurs prirent la parole et exhortèrent à la lutte armée pour le renversement du tsarisme. La circulation des tramways dans Viborgskaïa-Storona fut interrompue et, pendant plus d’une heure, les ouvriers défilèrent dans les rues en chantant des chants révolutionnaires. »
Les affrontements répétés avec la police et les cosaques ne découragent pas les manifestants. Trotsky écrit : « La vie industrielle de la capitale, vers sept heures du soir, avait complètement cessé. L’une après l’autre, les usines se soulevaient, formaient les rangs, des détachements de gardes rouges s’armaient. »

SR et mencheviks contre le pouvoir aux soviets

Les manifestants convergent au siège du comité exécutif des soviets, majoritairement composé de SR et de mencheviks. « Dans la salle du palais de Tauride, qui était entouré par une foule considérable de peuple armé, survenaient députations sur députations, réclamant la rupture complète avec la grande bourgeoisie, des réformes sociales absolues et l’ouverture de négociations de paix. »
La foule exige : « Départ des ministres capitalistes ! », « Tout le pouvoir aux soviets ! » Pourtant, le comité exécutif reçoit les délégués, contraint et forcé. Il s’efforce « de gagner du temps et de donner à Kerenski la possibilité d’amener à Petrograd des troupes sûres ».
Pour leur part, les bolcheviks décident de ne pas laisser la répression s’abattre sur les travailleurs et les soldats, mais de prendre la tête de la manifestation du lendemain, ce qui conforte la confiance de tous. « À tous les effectifs de la garnison furent envoyés de brefs appels et des instructions. Pour protéger les manifestants contre les attaques, il fut ordonné de disposer, près des ponts qui mènent des faubourgs, au centre et aux principaux carrefours des grandes artères, des autos blindées. Les mitrailleurs, dès la nuit, avaient déjà placé leur corps de garde devant la forteresse Pierre-et-Paul. Par téléphone et par des estafettes, on informait de la manifestation du lendemain les garnisons d’Oranienbaum, de Peterhof, de Krasnoie-Selo et d’autres points proches de la capitale. »

Le rôle du Parti bolchevique

Le 4 juillet, un demi-million de personnes défilent en armes : « Les troupes mutinées sortent des casernes par compagnies et par bataillons, tiennent les rues et les places, écrit Trotsky. Le mouvement de ce jour est plus imposant et mieux organisé que celui de la veille : on aperçoit la main du parti qui le guide. Mais l’atmosphère est aujourd’hui plus échauffée : les soldats et les ouvriers cherchent à obtenir un dénouement de la crise. »
Les provocations ne tardent pas. « Des commerçants se jettent avec fureur sur les ouvriers et les rouent de coups impitoyablement. » On tire à la mitrailleuse depuis des fenêtres sur le cortège. Des cosaques chargent la foule. Parmi les marins de Cronstadt, le bolchevik Raskolnikov raconte : « Les matelots se saisirent de leurs fusils, un tir désordonné commença dans toutes les directions, plusieurs personnes furent tuées ou blessées. (…) Le cortège continua à avancer aux sons de la musique, mais il ne restait pas trace de son enthousiasme de fête. » Trotsky ajoute : « Les fusils n’étaient plus pacifiquement portés sur l’épaule gauche, mais étaient croisés. »
Devant le palais de Tauride, SR et mencheviks sommés de s’expliquer passent des moments difficiles. Selon le cadet Milioukov, « un ouvrier de haute taille, tendant le poing à la face du ministre Tchernov [SR] crie, en fureur : “Prends donc le pouvoir quand on te le donne !” »
Mais les manifestants réalisent alors que la situation est sans issue. Trotsky écrit : « Les masses refluèrent vers les faubourgs et ne se disposaient pas à recommencer la lutte le lendemain. Elles avaient senti que la question du pouvoir du soviet se présentait d’une façon beaucoup plus compliquée qu’elles ne l’avaient cru. Il y avait encore pas mal d’illusions en ce sens que, par la parole et par une manifestation, l’on pourrait arriver à tout ; qu’en intimidant les mencheviks et les socialistes-révolutionnaires l’on pourrait les stimuler à suivre une politique commune avec les bolcheviks. »

Le prolétariat a perdu une bataille mais n’est pas vaincu

« Dans la nuit du 4, les premières troupes sûres arrivèrent du front. (…) Du haut de la tribune du comité exécutif volaient les discours sur l’émeute à main armée, que venaient de réprimer “les troupes fidèles à la Révolution”. Le Parti bolchevik était déclaré contre-révolutionnaire. » Le 5 juillet, les soldats saccagent les locaux de la Pravda, le journal bolchevik. Le matin du 6, alors que le travail reprend peu à peu, « un jeune ouvrier, Voïnov, qui distribuait le Listok Pravdy, paru à la place du journal bolchevik saccagé la veille, est assassiné dans la rue (…). Les éléments de la réaction, les Cent-Noirs, prennent goût à l’écrasement de l’émeute. Pillages, violences, çà et là des fusillades continuent dans les différentes parties de la ville. »
Pourtant le Parti bolchevique, en prenant la tête du prolétariat de Petrograd, a évité le pire. Celui-ci a perdu une bataille, mais pour l’essentiel ses forces sont intactes. Trotsky conclut : « L’importance d’une avant-garde aux rangs serrés apparaît pour la première fois dans toute sa force au cours des journées de juillet, lorsque le parti, bien que le payant cher, préserve le prolétariat de l’écrasement, assure l’avenir de la révolution et le sien propre. »
Pour la bourgeoisie, les journées de Juillet devaient être un prélude à l’écrasement du prolétariat révolutionnaire. Pour celui-ci, elles allaient être le prélude à sa prise du pouvoir quatre moins plus tard, en octobre.

lundi 21 août 2017

Editorial des bulletins Lutte ouvrière d'entreprise de ce lundi 21 août 2017


Refuser la barbarie des terroristes et celle du capitalisme

14 morts et 120 blessés à Barcelone et Cambrils jeudi dernier ; 12 à Londres en mars et juin ; 22 à Manchester en mai ; 5 à Stockholm en avril ; 12 à Berlin en décembre à l’occasion du marché de Noël ; 86 à Nice le 14 juillet 2016 sur la promenade des Anglais… Les attentats se suivent et se ressemblent. Et c’est à chaque fois la même sidération face à l’horreur, la même émotion face à ces vies brisées et… les mêmes discours hypocrites des chefs d’État qui se posent en défenseurs de la liberté et de la paix contre la barbarie.
Mais ces attentats ne surviennent pas dans un ciel serein. Ils rappellent ceux qui frappent quasi quotidiennement en Irak et en Afrique - le dernier en date, à Ouagadougou au Burkina Faso ayant fait 18 morts -, et ils répondent à la guerre conduite par les grandes puissances au Moyen-Orient.
Ces attentats sont odieux et barbares, mais les bombardements de la coalition menée par les États-Unis comme ceux de la Russie sur Mossoul, Alep ou Raqqa ne le sont pas moins. Combien de civils, d’enfants, de femmes et d’hommes innocents enterrés sous les décombres des quartiers rasés de ces villes martyres ?
Les dirigeants des grandes puissances veulent se donner le beau rôle mais quand il s’agit de défendre leur domination, ils n’hésitent pas à piétiner les vies humaines et surtout, ils portent l’écrasante responsabilité du chaos dans lequel nous nous enfonçons.
Ce sont leurs manœuvres et leurs coups tordus qui ont enfanté les monstres qu’ils dénoncent aujourd'hui comme des dangers pour l’humanité. Al Qaïda fut fondée par Ben Laden, que les États-Unis finançaient en Afghanistan dans leur guerre contre l’Union soviétique. Et Daech est le fruit pourri de la guerre anglo-américaine menée en Irak à partir de 2003.
Les chefs d’État occidentaux veulent se servir du dégoût légitime que provoquent les attentats pour nous faire approuver leurs interventions guerrières. Leurs appels incessants à l’unité nationale contre le terrorisme visent à nous souder derrière leur politique impérialiste. Il ne faut pas marcher dans cette tromperie.
Une victoire militaire sur Daech est tout à fait probable. Et après ? L’impérialisme est incapable d'assurer des relations entre les peuples, entre les ethnies et entre les religions sans recourir à l’oppression. Toute l’histoire du Moyen-Orient est marquée par les rivalités des grandes puissances pour la colonisation et le pétrole et cela ne cessera pas avec l’élimination de telle ou telle bande armée.
L'impérialisme est basé sur l’exploitation et le pillage. Il se nourrit des inégalités et de la pauvreté. Il engendre et exacerbe les rivalités entre les pays.
Il n’est qu’à voir les coups de menton de Trump contre la Corée du Nord, qui est allé jusqu’à menacer de déchaîner le « feu et la fureur » sur ce pays de 25 millions d’habitants, évoquant même la possibilité de faire usage de l’arme nucléaire, pour comprendre que se mettre à la remorque de la politique des grandes puissances nous mène droit à la catastrophe.
Le monde est devenu une poudrière. Les rivalités impérialistes entre les États-Unis, la Russie ou encore la Chine, la domination que ceux-ci veulent préserver sur les régions plus pauvres de la planète créent un climat de plus en plus guerrier dont personne ne peut dire où il va nous mener.
Aujourd'hui, les principales victimes du chaos engendré par l’impérialisme sont des Syriens, des Erythréens, des Soudanais, des Maliens, des Afghans. Ils fuient pour beaucoup les régions dévastées par les bandes armées, la misère, voire la famine qui s’en suit. Demain, ce peut être nous.
Sans remettre en cause les fondements du capitalisme et la domination de l’impérialisme, aucun des problèmes qui se posent aujourd'hui à l’humanité ne peut être résolu, ni le risque d’une guerre généralisée, ni le terrorisme, ni la crise économique ou écologique.
Mais l’humanité n’est pas condamnée à subir un ordre social aussi injuste qu’inégalitaire et fou. Un autre monde est possible. Il faut qu’un parti mette en avant cette perspective sans quoi la situation ne peut que pourrir sur pied.
Face à la barbarie de la société actuelle, il est essentiel qu’il y ait des femmes et des hommes pour défendre autour d’eux, dans les entreprises et dans les quartiers populaires la perspective de changer de fond en comble la société.
Renverser la propriété capitaliste et mettre en commun les moyens de production sont une nécessité pour mettre fin à l’exploitation de la majorité par une minorité et pour qu’enfin les immenses possibilités que recèle la société fassent progresser le sort de tous les peuples de la planète.

Argenteuil, un musée ressuscité à peu de frais ?


Et cela, à peu de frais. Alors, c’est pour quand ?

 
C'est l'ancienne usine rénovée, au fond du jardin, très bien !
Cela fait des années que le musée d’Argenteuil est fermé au public. Ses collections sont paraît-il en lieu sûr, et doivent cultiver, sans aucun doute, rats et souris que l’on imagine friandes du passé de la commune.
         Il est pourtant un lieu qui pourrait totalement accueillir une sélection de ces objets documentaires et jouer le rôle de véritable musée. Il s’agit du bâtiment industriel rénové du site-jardin des vestiges de l’abbaye d’Héloïse. Celui-ci l’a été à grands frais sans que l’on ait pensé au préalable quel pouvait en être la destination à l’avenir. Pas étonnant qu’il n’ait servi depuis trois ans et demi qu’à de très-très rares occasions. Une telle utilisation  ferait d’une pierre trois coups. Elle permettrait de rendre vivant un site actuellement sous- employé. A coût supplémentaire très modique, elle permettrait, foi de la sainte tunique toute proche, la « résurrection » du musée d’Argenteuil. Elle permettrait que tous les enseignants de la Ville puissent bénéficier d’un lieu pour, partant de l’histoire locale, appuyer des généralisations qui ont besoin de tels fondements locaux concrets.

Députés LREM : contre les travailleurs, le doigt à la couture du pantalon


Approbateurs transparents de la guerre menée aux travailleurs

 
Présents ou pas, toujours contre le monde du travail

Dans une interview donnée à la presse, Bruno Bonnell, élu député « En marche » à Villeurbanne, joue les naïfs, en disant qu’il ne faut pas juger les députés LREM sur les 100 premiers jours, mais sur l’ensemble de la mandature. Sauf que pendant ces 100 premiers jours, ces députés ont voté tous les mauvais coups de Macron contre les travailleurs et les plus pauvres.
Comme il le fait remarquer, ils se contentent d’appliquer le programme pour lequel ils s’étaient engagés. C’est vrai, Macron avait annoncé toutes ces attaques. Et tous ces députés LREM, dont le chef d’entreprise Bruno Bonnell, se sont fait élire en connaissance de cause, pour approuver et soutenir ce gouvernement de combat contre les travailleurs.

Argenteuil-Bezons : députée, recherche désespérément godillot transparent


Perdue de vue

 
Pas grand monde effectivement, mais elle, elle est où ?

Cette politique des députés LREM peu appréciée par le monde du travail explique sans doute la discrétion complète de la députée d’Argenteuil-Bezons, élue par défaut en juin, dont les habitants ne savent plus rien depuis près de deux mois. Vous tapez son nom sur les « actualités » sur internet, et rien n’apparaît. Il y a pourtant eu son vote sur le principe des prochaines « ordonnances » !

         On connaissait les vêtements transparents, mais les godillots de même nature, on ne savait qu’il en existât à ce point.

Rentrée scolaire des lycéens et étudiants : toujours plus chère


Rentrée scolaire toujours plus chère

 


La rentrée scolaire va augmenter pour les lycéens de 2,3 % en moyenne. En seconde générale, elle est évaluée à 422 € pour l'achat du matériel, soit 11 € de plus que l'année dernière, mais dans les classes techniques et professionnelles autour de 600 €, nettement plus que l'allocation de rentrée scolaire que propose le gouvernement.
Pour les familles, en particulier celles avec plusieurs enfants scolarisés, l'école gratuite est un rêve.
Et des enquêtes indiquent que cette augmentation concernant les lycéens et tout aussi vrai pour les étudiants en cette rentrée.

Révolution russe de 1917 (17) : été 1917 : le contrôle des travailleurs répond au lock-out patronal


Lock-out patronal et contrôle ouvrier 

Tout en s’enrichissant de façon éhontée avec les commandes de guerre, de plus en plus d’industriels organisaient le sabotage de la production et la fermeture de leurs usines, pour affaiblir les travailleurs et la révolution. Kevin Murphy raconte le cas de l’usine métallurgique Goujon à Moscou.
« Le 20 juin, Goujon informa la commission usine [de la commission d’arbitrage mise en place par le gouvernement provisoire] qu’il avait l’intention de fermer l’usine ; il la sermonna au sujet du conflit sur les salaires et du renvoi de personnel d’encadrement sous la menace de la violence. Que cette question n’ait pas été résolue « sape les bases mêmes d’une discipline saine, sans laquelle le fonctionnement d’une entreprise demeure inconcevable ». (…) Il concluait que la commission avait abouti à la « désorganisation complète du travail de l’usine » et, devant de telles circonstances, accusait-il, il était « nécessaire de fermer l’usine ». Deux jours plus tard, le conseil d’administration publia une note qui disait : « L’usine se trouve dans un état de complète désorganisation », et il en appelait au gouvernement pour trouver une solution à la crise financière. Si le gouvernement ne prend pas des mesures immédiates, menaçait la direction, « le 1er juillet, l’usine sera fermée ».
Les travailleurs de l’usine Goujon n’acceptèrent pas l’imminente fermeture sans se battre. Le 28 juin, le comité d’usine rapporta au soviet de Moscou que trois de leurs membres s’étaient opposés à la direction à propos de sa tentative de lock-outer l’usine. Le directeur avait ordonné de couper l’électricité, mais le comité d’usine trouva suffisamment de matière première et de combustible et ordonna de son côté de continuer à produire. Les représentants des travailleurs de l’usine demandèrent ensuite au soviet d’intervenir pour s’assurer que l’alimentation électrique ne serait pas coupée.
En fin de compte, la tentative de Goujon de lock-outer l’usine métallurgique de Moscou eut un effet boomerang. (…) Le gouvernement provisoire l’a réquisitionnée « à cause de son importance exceptionnelle pour l’industrie métallurgique de la région de Moscou ». (…)
Dans un article intitulé La crise approche, le marasme grandit, publié le 30 juin (13 juillet selon le calendrier actuel) dans la Pravda, Lénine s’appuie sur le cas de l’usine ­Goujon pour dénoncer l’attitude conciliatrice des Socialistes-révolutionnaires et des mencheviks face au sabotage des capitalistes avec la complicité du gouvernement provisoire et l’urgence que les travailleurs prennent eux-mêmes le pouvoir à travers les soviets.
« Force nous est de sonner chaque jour le tocsin. Toutes sortes de sots nous ont reproché d’être « pressés » de transmettre tout le pouvoir d’État aux soviets des députés soldats, ouvriers et paysans, alors qu’il serait « plus modéré et plus convenable » d’« attendre » avec componction une Assemblée constituante compassée.
Les plus sots de ces petits bourgeois imbéciles peuvent maintenant constater que la vie n’attend pas, que ce n’est pas nous qui sommes « pressés », mais la débâcle économique. (...)
La commission économique du comité exécutif du soviet de Petrograd a décidé « de porter à la connaissance du gouvernement provisoire » que « la direction de l’usine Goujon désorganise manifestement la production et prépare sciemment l’arrêt de l’entreprise », et, que le pouvoir « doit par conséquent assumer l’administration de l’usine... et lui fournir des fonds de roulement ». Ces fonds de roulement, nécessaires d’urgence, se montent à 5 millions de roubles.
Cette conférence « attire l’attention du gouvernement provisoire (pauvre et innocent gouvernement provisoire, d’une candeur enfantine ! Lui qui n’en savait rien ! Il n’y est pour rien ! ) sur le fait que la conférence des usines de Moscou (...) a déjà dû s’opposer à la cessation de l’activité de l’usine de construction de locomotives de Kolomna, ainsi que des usines de Sormovo et de Briansk ». (...)
Où et comment trouvera-t-on l’argent ? N’est-il pas évident que, s’il est facile d’« exiger » 5 millions d’un coup pour une usine, on doit tout de même comprendre qu’il en faudra bien davantage pour l’ensemble des usines ?
N’est-il pas évident que, si la mesure que nous exigeons et préconisons depuis le début d’avril n’est pas prise, si la fusion de toutes les banques en une seule banque contrôlée n’est pas décidée, si le secret commercial n’est pas aboli, on ne trouvera pas d’argent ?
Les Goujon et autres capitalistes s’acheminent sciemment vers la cessation de l’activité des entreprises. Le gouvernement est de leur côté. Les Tsérétéli et les Tchernov [chefs mencheviks et SR] ne sont que des figurants ou des pions sur l’échiquier. N’est-il pas enfin temps de comprendre, Messieurs, que le peuple rendra les partis SR et menchevique responsables, en tant que partis, de la catastrophe ? »

dimanche 20 août 2017

Argenteuil : éclairage public, pas clair !


Y voir clair

 
Eté comme hiver, quelle que soit la saison, régulièrement, des quartiers ou des rues de la Ville, sont dans le noir. Ce mois d’août ne déroge pas en la matière.
         Il y a quelques années, le maire d’Argenteuil dénonçait la passivité de l’Agglomération de son concurrent préféré. Mais comme la responsabilité de l’éclairage public de la Ville est revenue sous sa responsabilité, il se tait sur le sujet.
         S’il y a des problèmes d’éclairage, pour l’essentiel, ils relèvent du manque de fiabilité du réseau d’alimentation. Celui-ci est dans les mains d’Enedis, l’ex ERDF, la filiale d’EDF, qui bénéficie d’une « délégation de service public ».
         Le coût de l’éclairage publique est très important d’où la décision de la municipalité de changer les ampoules traditionnelles pour d’autres à basse consommation. Ce qui tombe donc dans l’escarcelle d’EDF est donc un énorme pactole.
         Pour que celui-ci soit le plus important possible, il suffit de réduire l’entretien et le renouvellement des installations au maximum, et le tour est joué. C’est vrai pour l’éclairage public comme pour bien d’autres services nécessaires à la société pourris par la soif de profit ou par un objectif de « rentabilité ».

Médecins généralistes nécessaires et capitalisme, deux notions qui ne vont pas bien ensemble


Déserts médicaux

 
En moyenne, la France compte 284 médecins par habitant. S'il y a de grandes disparités entre régions, la plus défavorisée est le Centre avec 230 médecins contre 350 pour la région PACA, c'est insuffisant. Une insuffisance qui s'accentue d'année en année, et qui vise les espaces ruraux comme les villes. Ainsi, le non-remplacement d’un certain nombre de médecins partant à la retraite est un problème grandissant à Argenteuil.

Si le nombre de médecins stagne, c'est essentiellement dû à l'attitude de l'Ordre des médecins qui, pour des raisons bassement corporatistes, limite le nombre de places en concours, avec l'accord des gouvernements. Ce nombre est resté stable depuis 10 ans alors que la population augmente. Le nombre de spécialistes est en augmentation mais celui des généralistes s'effondrent.

On pourrait, à l'instar des fonctionnaires, mieux répartir les médecins existants mais aussi augmenter les effectifs.

A l'image de l'ensemble de l'économie, ce sont des questions d'argent qui, au bout du compte, sont déterminantes, pas les besoins de la population, dans un domaine pourtant vital, au sens propre.

Chômage : un sur-place scandaleux


Pas de quoi se vanter

 


Ceux qui ne voient dans le drame du chômage que des chiffres et non pas des familles de travailleurs broyées se satisfont du fait que, selon l'INSEE, le taux de chômage en 2017 - officiellement 9,2 % de la population active - soit au niveau de 2012.
Certains en tirent même la conclusion que Hollande avait été injustement traité par l'opinion et que c'était le fruit, bien tardif et bien faible au demeurant, de sa politique.
Se flatter de ce désastreux sur place, faut oser !

Œufs contaminés : le profit contre la santé


Œufs contaminés : le profit contre la santé

Le scandale des œufs contaminés touche dix-sept pays de l’Union européenne, et même au-delà, jusqu’à Hong-Kong. L’Allemagne, la Belgique et les Pays-Bas s’accusent mutuellement d’avoir réagi trop tard.
 


Des élevages industriels de poules pondeuses ont, en fait, utilisé le fipronil, un insecticide toxique, qui a pénétré dans les œufs. Pour l’instant, seuls des élevages hollandais et belges sont incriminés, plus de 200 exploitations sont à l’arrêt et 300 000 poules ont été abattues.
Une alerte lancée en juin 2017 par un exploitant belge avait révélé l’utilisation de ce produit, totalement interdit dans les élevages d’animaux destinés à la consommation.
Les autorités néerlandaises reconnaissent avoir négligé une alerte transmise dès novembre 2016. Et pendant de longs mois des œufs-coquilles, mais aussi des dérivés industriels et peut-être de la viande de poulet contaminée, se sont écoulés sur les marchés.
Le gouvernement français, comme à chaque crise sanitaire, a commencé par affirmer que le pays n’était pas touché. Puis il a reconnu que 250 000 œufs contaminés étaient entrés sur le marché entre avril et juillet 2017, sans compter les produits entrant dans la composition des pâtisseries, sauces, plats cuisinés ou glaces.
Le gouvernement minimise la crise, en communiquant sur la faible toxicité du fipronil pour l’homme. C’est peut-être vrai pour les adultes, mais très discutable pour les enfants en bas âge et les femmes enceintes.
Il prétend que la filière est parfaitement maîtrisée en France, du fait de la régularité des contrôles sur les élevages et des autorisations nécessaires pour les produits phytosanitaires. Mais les autorités françaises ont mis des semaines à reconnaître l’origine de ces produits contaminés. Les éleveurs néerlandais ont acheté à deux hommes d’affaires véreux cet insecticide toxique, croyant qu’il était à base d’eucalyptus et de menthol, ce qui en dit long sur le sérieux des contrôles. Ces deux hommes ont fait fortune en vendant ce produit miracle pendant plusieurs années. Ils viennent d’être arrêtés.
Le marché agroalimentaire, comme l’ensemble de l’économie capitaliste, est une jungle dans laquelle opèrent des affairistes sans scrupule recherchant le profit, au mépris de la santé publique. L’opacité du marché leur permet de passer entre les mailles de contrôles peu efficaces, quand ils ne sont pas complaisants.

                                           Alain CHEVARD (Lutte ouvrière n°2559)

Révolution russe de 1917 (16) : été 1917 : La révolution ou la guerre


La révolution ou la guerre ! 

En juin 1917, l’offensive militaire lancée par le gouvernement Kerensky provoqua de multiples discussions sur la paix et la politique extérieure de la révolution. Sur cette question, Lénine voulait s’adresser aux exploités de tous les pays, qu’ils soient occidentaux ou qu’ils appartiennent aux nationalités opprimées par le tsarisme, pour en faire des alliés des ouvriers et des paysans russes. Il l’exprima dans plusieurs articles de la Pravda.
Le 7 juin (20 juin selon le calendrier actuel), Lénine demandait ainsi dans un article : « Y a-t-il un chemin vers une paix équitable ? » et répondait : « Oui. Par la révolution ouvrière contre les capitalistes de tous les pays. (...) Ce n’est qu’après le passage du pouvoir aux classes opprimées que la Russie pourrait s’adresser aux classes opprimées des autres pays, non plus avec des mots creux et des appels abstraits, mais en invoquant son propre exemple et en proposant sur l’heure, en termes précis, les conditions bien claires d’une paix générale.
Cette proposition de paix immédiate porterait : “Camarades ouvriers et travailleurs de tous les pays ! Assez de sang. La paix est possible. Une paix équitable est une paix sans annexions, sans conquêtes. Que les forbans capitalistes allemands et leur bandit couronné Guillaume sachent que nous ne traiterons pas avec eux et que nous considérons comme conquêtes non seulement ce qu’ils ont pillé depuis la guerre, mais aussi l’Alsace et la Lorraine, et aussi les territoires danois et polonais de la Prusse.
Nous considérons comme conquêtes des tsars et des capitalistes russes la Pologne, la Finlande, l’Ukraine et les autres pays non grands-russes.
Nous considérons comme conquêtes des capitalistes anglais, français et autres toutes leurs colonies, l’Irlande, etc.
Nous, ouvriers et paysans russes, nous ne garderons par la force aucun des territoires non grands-russes, aucune des colonies russes (tels le Turkestan, la Mongolie, la Perse). À bas la guerre pour le partage des colonies, pour le partage des annexions, pour le partage du butin des capitalistes !”
L’exemple des ouvriers russes sera inévitablement suivi, peut-être pas dès demain (les révolutions ne se font pas sur commande), mais inévitablement, par les ouvriers et les travailleurs de deux grands pays au moins : l’Allemagne et la France.
Car ces deux pays succombent, le premier à la famine, le second aux pertes en vies humaines. Tous deux concluront la paix à nos justes conditions, à l’encontre de leurs gouvernements capitalistes.
Le chemin de la paix s’ouvre devant nous.
Si les capitalistes anglais, japonais, américains, tentaient de s’opposer à cette paix, les classes opprimées de la Russie et des autres pays ne reculeraient pas devant une guerre révolutionnaire contre les capitalistes. »
Le 15 juin (28 juin), après l’adoption d’un « acte universel » par des délégués des régiments ukrainiens, Lénine écrit : « Cet acte réclame l’autonomie, sans nier le moins du monde la nécessité et l’autorité supérieure d’un “Parlement de toute la Russie”. Pas un démocrate, pour ne rien dire d’un socialiste, (…) ne peut nier le droit de l’Ukraine à se séparer librement de la Russie : c’est précisément la reconnaissance sans réserve de ce droit, et elle seule, qui permet de mener campagne en faveur de la libre union des Ukrainiens et des Grands-Russes, de l’union volontaire des deux peuples en un seul État. Seule la reconnaissance sans réserve de ce droit peut rompre effectivement, à jamais et complètement, avec le maudit passé tsariste qui a tout fait pour rendre étrangers les uns aux autres des peuples si proches par leur langue, leur territoire, leur caractère et leur histoire. Le tsarisme maudit faisait des Grands-Russes les bourreaux du peuple ukrainien, entretenant chez ce dernier la haine de ceux qui allaient jusqu’à empêcher les enfants ukrainiens de parler leur langue maternelle et de faire leurs études dans cette langue.
La démocratie révolutionnaire de la Russie doit (…) rompre avec ce passé, reconquérir pour elle-même et pour les ouvriers et les paysans de Russie la confiance fraternelle des ouvriers et des paysans d’Ukraine. On ne peut pas y arriver sans reconnaître dans leur intégrité les droits de l’Ukraine, y compris le droit de libre séparation.
Nous ne sommes pas partisans des petits États. Nous sommes pour l’union la plus étroite des ouvriers de tous les pays contre les capitalistes, les “leurs” et ceux de tous les pays en général. C’est justement pour que cette union soit une union librement consentie que l’ouvrier russe, ne se fiant pas une minute, en rien, ni à la bourgeoisie russe, ni à la bourgeoisie ukrainienne, est actuellement partisan du droit de séparation des Ukrainiens, ne voulant pas imposer à ceux-ci son amitié, mais gagner la leur en les traitant comme des égaux, comme des alliés, comme des frères dans la lutte pour le socialisme. »

samedi 19 août 2017

Argenteuil "Projet Héloïse": conclusion : la mobilisation !


Des recours, certes, mais surtout la mobilisation !

                                                                
On préfère vraiment cela
Comme petit second feuilleton d’août, nous avions décidé de profiter de ce mois d’août pour revenir sur ce qui risque d’être la grande déconfiture locale de la prochaine décennie, le « projet Héloïse ». Voilà chose faite. Les réponses données par l’Etablissement Public Territorial « Boucle nord » auquel appartient Argenteuil, et qui a voté la modification partielle du PLU de la commune, une des premières étapes pour la réalisation de ce projet, sont bien à l’image de la médiocrité d’un projet tel qu’il a été présenté lors de conseils municipaux. Quant à la commissaire enquêtrice, à l’encontre des avis avancés par les enquêtés, elle avait donné un avis favorable, comme cela se fait, il est vrai, de façon générale habituellement. Elle nous aura donné néanmoins l’impression d’avoir été quelque peu dépassée dans cette affaire.
         Bien d’autres étapes seront encore nécessaires pour faire avancer ce projet, concocté par l’ancien maire, Philippe Doucet, et repris par son successeur, Georges Mothron. On sait déjà que la date avancée -2019- lors des premières présentations de ce projet ne sera pas tenue.
         Frédéric Lefebvre- Naré, au nom du Comité Jean Vilar qui s’oppose à ce projet, vient de déposer un recours gracieux auprès de l’EPT5. C’est une première étape, administrative si l’on peut dire. Il y en aura d’autres.
         Mais surtout tout dépend de la population d’Argenteuil. Jusqu’à présent, dans sa grande majorité, soit elle n’est pas informée, soit elle n’imagine pas que cela concerne la disparition du complexe et de la salle Jean Vilar avec toutes ses implications.
         Mais cela peut changer, et la colère doit se développer.
         En cette rentrée, avec la lutte contre les Ordonnances de Macron, nous serons bien occupés. Mais la défense de Jean Vilar est également dans notre programme de septembre. Sur l’un ou l’autre de ces deux plans, aidons-nous à nous faire entendre.
         Au-delà des recours administratifs et juridiques, la mobilisation peut être déterminante pour stopper ledit « projet Héloïse ». D MARIETTE